情報統合思念体

30 octobre 2009

« Moi, je ne suis pas venu vous tenir un discours… »

voir la vidéo (tirée d’une émission diffusée sur Canal+ le 28 octobre)
Le contenant est déjà très drôle en soi. Mais ça m’a amené à me pencher un peu sur le contenu.

Ben oui, si c’est tellement important pour répéter au mot près — sans faire de discours déjà entendu, bien sûr — ce qu’il a déjà dit, c’est que ça doit être d’une profondeur au moins aussi infinie que le désespoir absolu.

« Un agriculteur est donc un entrepreneur. Mais un entrepreneur qui ne compte pas ses heures. »
Ça fera des heureux chez les agriculteurs qui travaillent plus pour gagner plus (ou moins) autant. Par contre, sans vouloir être méchant, il vient de dire par ricochet que tous les entrepreneurs non-agriculteurs de France sont un tas de faignasses. Ça fait toujours plaisir.
Bon, je raille. MAIS Y’A UNE RIME. Donc mon argument n’est pas valable.

Je ne disserterai même pas sur l’usage du terme « entrepreneur ». Ça choque l’économiste, mais vous vous en foutez. Sachez juste que dès qu’on parle d’entrepreneur pour qualifier un chef d’entreprise, c’est complètement usurpé dans 95 % des cas. (je donne ce chiffre, mais c’est une approximation. De toute manière, tout le monde sait que 87,42 % des statistiques sont fausses)

« qui porte la responsabilité d’investissements important »
Oh ? Un entrepreneur investit ? On aurait jamais cru. Faudra que je raconte ça à mes profs d’économie, pour rire.
Capitain Obvious, tu n’es pas, de notre voie lactée…

« qui doit relever des défis humains, financiers, techniques, administratifs considérables. »
Wow. L’entrepreneur agricole qui entreprend doit, en tant que gestionnaire dans le cadre de son entreprise, gérer son entreprise ?
Traduction en français : L’agriculteur qui travaille doit, en tant que gestionnaire dans le cadre de son projet, gérer sa société.
Ça mérite effectivement d’attirer la considération du peuple français.
Ouais, la considération, c’est déjà pas mal. Faudrait pas demander de l’argent non plus, sales gauchistes de droite.

« Pour être un agriculteur, il faut être passionné »
Si même M. Sarközy de Nagy-Bocsa pense que l’agriculture relève de la PASSION, c’est que le terme est encore plus galvaudé que les anciens le craignaient. (vu le nombre impressionnant d’articles de fond traitant d’animation japonaise sur ce site, c’était pourtant déjà pas mal)
« Ne crois pas en toi qui crois en moi, ne crois pas en moi qui crois en toi, crois en toi qui crois en toi. Ah crévindiou d’Simon l’laboureur… »

« C’est un chef d’entreprise qui doit s’adapter en permanence au climat, au marché, aux technologies et aux réglementations. »
De nouveau, il est évident que c’est une particularité de l’agriculture.
OU PAS.
Hop, je fais la traduction hongrois-français — oh lol, troll raciste. ça se voit qu’il est l’heure d’aller se coucher — : « C’est un chef d’entreprise qui doit diriger une entreprise. »

« L’agriculture a façonné nos paysages. L’agriculture a donné une partie de son âme. »
Le BTP a façonné nos villes. Le BTP a donné une partie de son âme.
Le fordisme a façonné notre société de consommation. Le fordisme a donné une partie de son âme.
L’informatique a façonné notre réseau. L’informatique a donné une partie de son âme
Le haruhiisme a façonné mon web-log. Le haruhiisme a donné une partie de son âme.
On pourrait continuer ad nauseam.

« Toutes les familles de France ont des grand-parents qui à un moment ou à un autre ont travaillé la terre. »
Bingo ! Mes quatre grand-parents étaient agriculteurs.
Et ? On va augmenter leur (maigre) retraite ?
Ou bien c’est juste pour faire croire aux agriculteurs qu’ils ont la moindre importance aux yeux du gouvernement ?

L’agriculture pesait 2,2 % du PIB de la France et contribuait à 4,1 % des emplois en 2007. Je ne commenterai pas pour ne pas être blessant.

On notera qu’il est heureux que je ne cherche pas ces renseignements chez le ministère de l’agriculture (l’info semble ne pas exister) ou l’INSEE (fouillis, même au travers du moteur de recherche).
Je me base sur du sérieux, moi : la CIAceci et cela — via Wikipédia.
😀

« Moi, je ne suis pas venu vous tenir un discours… Que vous avez déjà entendu. »
Réfléchir est doubleplusunbon. L’ignorance, c’est la force. Le miniver est formel : tout va mieux que l’amélioration attendue par les prévisions.

« Le mot terre… a une signification française et j’ai été élu pour défendre l’identité nationale. »
Wiktionnaire : Terre. Du latin terra.
2. Surface de notre planète qui n’est pas recouverte par les mers et les océans.
3. Partie de cette surface : aire géographique, pays, région.
4. Partie de cette surface que l’on possède, souvent pour la cultiver.
5. Matériau meuble qui constitue une grande partie de cette surface et où poussent les végétaux.
Qui a dit qu’on ne pouvait pas se poiler tout en restant parfaitement sérieux ?

Effectivement, terre a une signification en français. Quelqu’un voit le rapport avec l’élection de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa à la présidence de la République française et/ou avec l’« identité nationale » ?

On m’objectera ce qu’on voudra : ce discours ne sonne pas creux. Il est creux.
Et malheureusement 1. cette personne est le premier d’entre nous (les américains avaient réussi à faire pire, mais ce n’est pas une raison) 2. il n’est de loin pas le seul à pratiquer. (ça va même jusqu’aux partis que je soutiens activement, d’ailleurs)

Moralité : vu le sérieux du sujet et du poste occupé par le locuteur, même un GIGA DRILL BREAKER sans vaseline m’aurait été moins douloureux.

Heureusement que l’on peut encore se permettre de penser, sur internet. (si si, le conseil constitutionnel l’a précisé en juin parce que c’était pas évident pour tout le monde)

M’enfin, y’en a encore que ça gène :
« Rendez-vous compte, sur internet, n’importe qui peut dire n’importe quoi ! » (citation d’un député du Parti Unique de la Majorité, rapportée par Benjamin Bayart)
Comme ici, quoi.

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